La réponse courte
La floraison des cerisiers remonte le Japon du sud vers le nord en environ six semaines, de fin mars à Kyūshū jusqu’à début mai à Hokkaidō. La coloration des érables fait le trajet inverse, du nord vers le sud, sur environ six semaines.

Les vraies fenêtres, région par région
| Région | Première floraison | Pleine floraison | Érables |
|---|---|---|---|
| Fukuoka (Kyūshū) | 22 mars | 31 mars | 1ᵉʳ décembre |
| Kyoto / Osaka (Kansai) | 26 mars | 4 avril | du 1ᵉʳ au 5 décembre |
| Tokyo (Kantō) | 24 mars | 31 mars | 28 novembre |
| Sendai (Tōhoku) | 8 avril | 13 avril | 17 novembre |
| Sapporo (Hokkaidō) | 1 mai | 6 mai | 28 octobre |
Moyennes 1991-2020 vérifiées le 10 août 2026, 気象庁 (Agence météorologique du Japon, JMA), 生物季節観測 (平年値 1991-2020) : さくらの開花日・満開日 pour le sakura, 生物季節観測累年表 かえでの紅葉 pour le kōyō
Ce tableau donne des moyennes historiques, pas la prévision de l’année en cours : pour les cerisiers, elle ne sort qu’en janvier ou février et continue de bouger jusqu’en avril.
Le sakura : deux dates, et une seule compte vraiment
Le tableau distingue la première floraison (kaika) et la pleine floraison (mankai). Ce ne sont pas des estimations à la louche, ce sont des seuils comptés à la main sur un arbre précis, dit arbre témoin.
L’agence météorologique japonaise déclare le kaika le jour où cinq à six fleurs se sont ouvertes sur cet arbre. Elle déclare le mankai quand quatre bourgeons sur cinq sont ouverts, soit cinq à dix jours plus tard selon la région. Entre les deux, l’arbre est encore largement vert. C’est tout l’écart entre la date qu’annoncent les journaux et celle des photos qui donnent envie de partir.
Le piège du kaika. Réserver autour de la date de première floraison, c’est souvent arriver une semaine trop tôt, devant des arbres encore à moitié verts. La date qui compte pour voir les cerisiers au maximum, c’est la pleine floraison.
Si la floraison paraît si synchronisée dans une même ville, c’est qu’il ne s’agit presque jamais de cerisiers variés. La variété observée est le somei-yoshino, multiplié par greffe depuis le XIXᵉ siècle : les arbres d’une avenue sont des clones, génétiquement identiques, et réagissent donc au même moment à la même température. Deux exceptions officielles, qui expliquent les extrémités du tableau : d’Okinawa à Naze, la variété observée est le hikanzakura, et une partie de Hokkaidō suit l’ezoyamazakura. Aux deux bouts du pays, on ne regarde pas le même arbre.
Une conséquence pratique rarement dite : la pleine floraison du somei-yoshino tient environ une semaine, pluie et vent compris. Mais d’autres variétés fleurissent une à deux semaines plus tard, comme les cerisiers à fleurs doubles (yaezakura), plus roses et plus fournis. Arriver après le pic ne veut donc pas dire arriver trop tard : ça veut dire changer de variété, et souvent de lieu.

Les érables : la vague qui descend
La coloration d’automne suit la logique inverse du printemps. Elle commence au nord et en altitude, puis descend vers le sud et vers les plaines, sur environ six semaines. Elle est déclenchée par le froid : il faut des nuits suffisamment fraîches, répétées, pour que la feuille cesse de produire sa chlorophylle et laisse apparaître ses pigments rouges et jaunes.
Cette dépendance au froid explique deux choses. D’abord, la montagne rougit largement avant la ville d’à côté : à quelques dizaines de kilomètres, on peut avoir plusieurs semaines d’écart. Ensuite, un automne doux repousse toute la saison, parfois de dix jours, exactement comme un printemps froid retarde les cerisiers.

Les cinq régions du tableau viennent du même relevé officiel que le sakura. Kyoto et Osaka sont regroupées sous « Kansai », mais chacune a sa propre moyenne (1ᵉʳ décembre à Osaka, 5 décembre à Kyoto) : la fourchette affichée reflète cet écart réel entre les deux villes, pas une imprécision de la source.
Bonne nouvelle pour qui planifie : les érables pardonnent beaucoup plus que les cerisiers. Là où la pleine floraison tient une semaine, un feuillage d’automne reste beau deux à trois semaines, et la transition du vert au rouge se fait progressivement plutôt qu’en un basculement. Se tromper de dix jours à l’automne se rattrape ; à peine, au printemps.
Pourquoi ces dates bougent d’une année sur l’autre
Un printemps plus chaud avance la floraison, un printemps froid la retarde, parfois de dix jours dans un sens ou dans l’autre. Un détail qui surprend souvent : Tokyo fleurit en moyenne avant Kyoto et Osaka, alors que ces deux villes sont plus au sud. L’îlot de chaleur urbain de la capitale suffit à inverser l’ordre géographique attendu.
Ce que ça change pour réserver
Le calendrier de floraison et le calendrier des réservations ne suivent pas le même rythme. Un ryokan pour la période des cerisiers ouvre ses ventes environ six mois avant la nuit concernée, largement avant que quiconque connaisse la date exacte de floraison de l’année. Attendre d’y voir plus clair sur les cerisiers avant de réserver, c’est arriver après la fermeture des meilleures chambres.
Ce que tu peux faire aujourd’hui
- Repère la fenêtre de ta région dans le tableau, pas une date unique : une fourchette de deux à trois semaines te laisse de la marge.
- Vise la pleine floraison plutôt que la première, si tu veux voir les cerisiers au maximum.
- Réserve ton hébergement selon le calendrier d’ouverture des réservations, pas selon la date de floraison : le guide sur les ouvertures de réservation explique quand chaque type d’établissement met ses dates en vente, et la page hébergement te dit où en est chaque mois.
